THÉÂTRE avec la Compagnie Constroy Mouvement
2003 "CONS D’OUVRIERS" « On finissait par s’aimer » Comédie expressionniste de Alain Boggéro Adaptée et mise en scène par Marc Scussel. Réalisée sans aide publique, la production de cette pièce a épuisé notre fond de roulement. Elle a réuni près de 1000 spectateurs en 17 représentations.
« C’est par cette expression provocatrice que les ouvriers s’interpellaient souvent ! » « Un jour d’enfermement ordinaire dans un vestiaire des Tchantous (Les Chantiers en langage local) » « La première représentation sur des ouvriers des Chantiers depuis la fermeture du Site en 1989 » « Le vestiaire souillé d’excréments comme métaphore d’une condition ouvrière pénible et symboliquement dégradante. La problématique de la lutte syndicale est posée. »
Direction Artistique Gérard Rinaldi
Avec
Jean ARSAC, Abdel BOUCHAMA, Marc BOZZAÏ, Jérome LELEU, Franck SUCHET, Patrick TRANCHIDA.
Décors Accessoires Régie Roger ISTRIA
Avec le Concours de La Maison des Hommes et des Techniques de Nantes et de l’Écomusée de Saint Nazaire.
CONS D’OUVRIERS OU LA VIE RETROUVEE QUELQUES MOTS SUR LA MISE EN SCENE
Le spectateur entre dans la salle ; il se trouve face à une série de portraits de garde-vestiaires et d’ouvriers, qui, regardant dans sa direction, inversent son statut de spectateur et renvoient un peu narquois aux galeries des ancêtres de la noblesse ou de la haute bourgeoisie. Un des attraits de Cons d’ouvriers, la belle pièce d’Alain Boggero, est précisément qu’il y a constamment contre-pied . On est en plein délire sur les fesses de Mireille Darc, et voici une réflexion superbe dévoilant une lucidité inattendue et bouleversante sur la condition ouvrière,. On croit nager en plein comique troupier et la tragédie de l’accident surgit brutalement. C’est ce déséquilibre soudain mais également subtil qui fait l’humanité des personnages. Personnages attachants, difficilement prévisibles, isolés dans leurs souffrances et dans leur enfermement, capables de ces maladroites explosions de vitalité sans doute indispensables à leur survie. Cons d’ouvriers, à travers une journée de travail de garde-vestiaires et d’ouvriers des Chantiers navals quelques années avant la fermeture définitive, évite un double écueil : une vision misérabiliste de ce monde des chantiers navals, ainsi que son contraire, c’est-à-dire une sorte d’hagiographie idéalisant les ouvriers, et les éloignant irrémédiablement de nous. Ce texte s’inscrit dans ce territoire aussi vaste que peu exploré qui s’étend entre ces deux représentations contradictoires . Alain Boggero est à l’intérieur d’une reconquête. Et le spectateur est littéralement à l’intérieur du vestiaire. C’est ce qui fait la rareté de la pièce. La mise en scène a été déterminée par cet espace de reconquête . Il y a eu adaptation du texte de Boggero, puis les personnages se sont imposés d’eux-mêmes. La mise en scène a donc été essentiellement régulation, organisation de la circulation des peurs, des désirs, des conflits de personnages devant lesquels on s’est effacé. Les personnages sont là, présence brute et entêtante. Voir vivre ces « Cons d’ouvriers », c’est réfléchir sur un monde disparu, mais aussi sur nous-mêmes, sur ce que nous risquons de devenir, sur ce que nous sommes déjà peut-être devenus sans nous en être rendu compte. Bref, comme dirait le poète humoriste (ou l’humoriste poète ?) un Titanic peut en cacher un autre, mais le pire n’est jamais inévitable.
Marc Scussel
En projet 2005 "LA MER À BOIRE" de Hans Peter Gansner Dramatique maritime en trois tableaux ou trois façons de "boire" la Mer Méditerranée. Dans un bar du vieux port, Arthur Rimbaud rencontre Joseph Conrad. Ils s’apprêtent à embarquer chacun vers une destination empreinte d’exotisme. Et Rimbaud le voyant annonce les deux autres Tableaux : l’exil politique des juifs entre 1938 et 42, le long des côtes françaises via l’Italie, et l’exil de pauvreté des marocains vers Espagne par Gibraltar. (pour 3 comédiens et 2 comédiennes). Pas encore montée. L’écrivain-dramaturge suisse Hans Peter Gansner a découvert le Café Théâtre 7ème Vague en 2002, puis emballé par une représentation de "Cons d’Ouvriers", il écrit cette pièce spécialement pour la Compagnie Constroy Mouvement. Il a également donné une série de conférences dans notre Théâtre.
En 2006 l’Association 7ème Vague reçoit pour la première fois, en 20 ans d’existence, une subvention de la Ville complétée par une aide de l’État. Tonton Dgé met en scène son "Maurice Dupain maire de Pistil Baie", une comédie plus ancrée à la vie de la Cité et marquant la mutation de la ville, aprés la fin de la mono-industrie et un an avant les élections municipales de 2008.
MAURICE DUPAIN MAIRE DE PISTIL BAIE Une Comédie Poélitique ! En deux Parties Cette création théâtrale est représentée en deux parties de 1h15 chacune, au Café théâtre 7ème Vague. Les deux parties sont montées de telle façon qu’une seule peut suffire à représenter le tout, car chacune d’entre-elles fait état de la globalité du propos grâce à quatre tableaux résumant la partie non représentée. Toutefois, il sera intéressant de voir les deux parties comme on peut assister à une suite pour un film ou lire le deuxième tome d’un roman.
Des Scènes comme des Tranches de Vie
Cette comédie montre, par le procédé du retour sur souvenirs (flash back) davantage utilisé au cinéma, la vie de Mohamed Blédina, français d’origine maghrébine, qui voudra, enfant, qu’on l’appelle Maurice Dupain. Et plus tard, en 2020, il deviendra maire d’une ville du littoral méditerranéen français. Trois minutes avant l’annonce du scrutin, et alors qu’il est donné favori, il se souvient des moments parmi les plus marquants de sa vie.
Il n’y a pas de suspens, on sait d’entrée que le héros va gagner. Par conséquent, ce qui importe dans cette pièce c’est qu’elle raconte une histoire. Plus que le résultat de l’élection, c’est le chemin qui le conduit à cette victoire qui nous intéresse : c’est son être “ensoi et ensemble”, et c’est ce qu’il fait qui montre que : on n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène !” comme dit Félix Castan.
C’est sa vie résumée en quatorze scènes (sept par partie) apportant chacune son lot d’informations nécessaires à la compréhension d’une trajectoire. Et comme toute histoire est un reflet de la complexité de la vie, elle comporte donc plusieurs axes narratifs qui s’interactivent.
L’histoire de Mohamed Blédina C’est d’abord l’histoire du personnage principal Mohamed Blédina alias Maurice Dupain. Momo (ou Maumau) est un héros ordinaire qui grandit dans un quartier populaire, dans une famille nombreuse. Il a très tôt fait l’expérience du racisme et de la discrimination. Avec son ami d’origine italienne, il connait dès son plus jeune âge un processus d’adaptation. Sur le muret de son quartier, il a le plaisir de jouer avec le langage, avec les situations. Il découvre l’humour d’être ensemble, l’amitié. Il est curieux de savoir, il est sensible à la beauté. Il devient un peu artiste, poète, musicien, citoyen, puis...
L’histoire d’une Ville La Seyne sur Mer : à travers quelques lieux et personnages de son paysage politique de guerre froide attardée, à travers des situations ou autres faits d’une réalité marquée par une mutation historique suite à la fermeture de ses Chantiers Navals en 1989. Ville littorale en bout de terre, dans un recoin de rade, avec deux fronts de mer. Ville de mono culture, mono industrie, mono idéologie pendant 150 ans. “La Sagno de mar” veut dire “le roseau de mer”. Après l’Acier (de l’industrie) revient le Roseau (de la pensée). Alors cette pièce en vient à penser la Nouvelle Ville à partir de son site le plus beau : Pistil Baie. L’histoire d’un Mouvement Artistique Local
C’est encore l’histoire du Constroy Mouvement, artistique, culturel et citoyen de l’association 7ème Vague qui génère, dans la pièce, le Parti Artistique Libérant (P.A.L). C’est un personnage de femme, Marie Carillon, tenante et du discours et de l’action de ce Parti, qui fera de notre héros son chef de file pour changer le nom de la ville (Pistil Baie : symbole d’un souffle poétique) et pour abolir toute discrimination et tout clientélisme idéologique ou autre (symbole d’un souffle politique par le projet “Place des Citoyens”). Le programme du P.A.L est constitué de sept chantiers présentant chacun un objectif politique correspondant à un objectif poétique. Ce qui fait de cette pièce une comédie poélitique.
Cité, Littoralité, Euroméditerranéïté (la CLE)
C’est l’histoire d’une acculturation tranquillement réussie, avec en plus l’histoire d’une rencontre entre notre rivage sud, impeccable camaïeu d’ethnies méditerranéennes, porté par Momo, et le nord de la France représenté par celle qui deviendra sa femme, Armelle. Et c’est enfin une histoire de bord de mer, de chaleur estivale, de sensations, de souvenirs personnels et collectifs. C’est un théâtre sensuel et populaire attaché à la commedia dell’arte, un théâtre-miroir qui fait tomber les murs d’une pratique politique encore coïncée. C’est un théâtre libérant donc universel, un raffraîchissement républicain qui souffle sur notre réalité française au moment d’enjeux portant sur les renouvellements démocratiques nationaux et locaux de 2007 et 2008.
Un Théâtre “Local moins les Murs”
On pourra aussi parler “autour” de cette création, en interrogeant les spectateurs, militants communistes ou de droite, et autres, par rapport au vitalisme de la pièce, en appréciant le jeu des comédiens, en parlant de la mise en scène et de l’écriture, en évoquant la démarche de création de la Compagnie Constroy Mouvement et de sa direction artistique avec ses trois sphères d’investigation : Cité, Littoralité, Euroméditerranéïté. Laquelle montre par cette seconde création théâtrale, après “Cons d’Ouvriers” en 2003, toute sa pertinence et son utilité pour recouvrer une identité territoriale commune aux multiples appartenances de nos populations littorales, dans l’esprit du mot du poète Miguel Torga : ”L’universel, c’est le local moins les murs!”
Les seynois reconnaîtront des lieux familiers, des situations vécues ; et toute ressemblance avec des personnalités de notre passé récent n’est que pure inspiration. “Les chinois” apprécieront pareillement l’histoire, sa construction, la lisibilité des différents personnages : 25 au total dont 8 évoqués - non représentés, 8 secondaires, 9 principaux. Trois comédiens et une comédiennne se partagent tous ces rôles.
LA REPRÉSENTATION La pièce pourra être représentée en une seule partie de deux heures, sans les extraits, avec ses quatorze scènes dont voici les titres par partie :
Partie I
1- Dans les coulisses de la salle publique, Momo bascule dans ses souvenirs. 2- Momo, élève moyen à l’école primaire et en Philo. 3- Dans sa famille, Momo veut qu’on l’appelle Maurice Dupain. 4- Dans leur quartier avec son ami Sergi, ils draguent Zora et Frances. 5- À la Fête du Parti Communiste à Fabrégas, ils évitent l’encartage. 6- Sur la plage ; de l’ennui face à la mer naît un projet. 7- Joute de vendeurs sur le marché et Campagne Électorale de Boris Maul.
(4 extraits de la 2ème partie)
Partie II
(4 extraits de la 1ère partie)
1- Momo comédien malgré lui. 2- Momo joue un premier rôle dans le film “Travail d’Arabe” de Philibas. 3- Il s’entretient avec un adjoint à la culture particulièrement retors (Mr Quidiquié) 4- Aïoli mémorable au cabanon et spectacle de Tchéù : “danse avec les poulpes” 5- Jour de campagne et exposé du projet poélitique du P.A.L. 6- Momo revient à la réalité. 7- Le discours d’investiture du nouvel élu.
Distribution des rôles principaux Rachid Jédouani : Momo. Annie Mazzocco : Marie Carillon, Armelle. Paul Noël Jourdan : Sergi, Boris Maul, Tchéù. Claude Dini : Le prof de Philo, Ribaut, Le Cinéaste, l’Adjoint à la Culture
Scénographie Véronique Casset et Fredéric Avart
Musique et Illustrations Sonores Tonton Dgé (sauf “Mamadou m’a dit” de François Béranger) Régie & Création Lumière Pascal Hautois
Direction Artistique Tonton Dgé Production Artistique Constroy Mouvement Avec l’autorisation de C.Philibert pour les extraits de son film “Travail d’Arabe”
Création de la Cie Constroy Mouvement Coproduction financière Café Théâtre 7èmeVague-Ville de La Seyne sur Mer-Département-Région-État
Déjà près de 500 spectateurs en 12 représentations. La pièce se jouera sans doute jusqu’en 2008.